2° Depuis cinq heures la porte de l’appartement avait été ouverte deux fois par le père Bernier qui, seul, pouvait l’ouvrir en l’absence de M. et Mme Darzac. D’abord à cinq heures et quelques minutes pour y laisser entrer M. Darzac; ensuite à onze heures et demie pour y laisser entrer M. et Mme Darzac;

3° Bernier avait refermé la porte de l’appartement quand M. Darzac en était sorti avec nous entre six heures et quart et six heures et demie;

4° La porte de l’appartement avait été refermée au verrou par M. Darzac aussitôt qu’il était entré dans sa chambre, et cela les deux fois, l’après-midi et le soir;

5° Bernier était resté en sentinelle devant la porte de l’appartement de cinq heures à onze heures et demie avec une courte interruption de deux minutes à six heures.

Quand ceci fut établi, Rouletabille, qui s’était assis au bureau de M. Darzac pour prendre des notes, se leva et dit:

«Voilà, c’est bien simple. Nous n’avons qu’un espoir: il est dans la brève solution de continuité qui se trouve dans la garde de Bernier vers six heures. Au moins, à ce moment, il n’y a plus personne devant la porte. Mais il y a quelqu’un derrière. C’est vous, monsieur Darzac. Pouvez-vous répéter, après avoir rappelé tout votre souvenir, pouvez-vous répéter que, lorsque vous êtes entré dans la chambre, vous avez fermé immédiatement la porte de l’appartement et que vous en avez poussé les verrous?»

M. Darzac, sans hésitation, répondit solennellement: «Je le répète!» et il ajouta: «Et je n’ai rouvert ces verrous que lorsque vous êtes venu avec votre ami Sainclair frapper à ma porte. Je le répète!»

Et, en répétant cela, cet homme disait la vérité comme il a été prouvé plus tard.

On remercia les Bernier qui retournèrent dans leur loge.

Alors, Rouletabille, dont la voix tremblait dit: