Et elle sembla réfléchir, pendant que lui, incrédule, l’écoutait encore.
Elle reprit, bizarre, et cependant avec une énergique conviction:
«Certes! je vous le promets…»
Elle lui serra encore la main, et elle partit, lui adressant un divin, mais si malheureux sourire, que je me demandai comment cette femme avait pu parler à cet homme de bonheur possible. Elle me frôla sans me voir. Elle passa avec son parfum et je ne sentis plus les lauriers-cerises derrière lesquels j’étais caché.
M. Darzac était resté à sa place. Il la regardait encore. Il dit tout haut avec une violence qui me fit réfléchir:
«Oui, il faut être heureux! Il le faut!»
Ah! certes, il était bien à bout de patience. Et, avant de s’éloigner à son tour, il eut un geste de protestation contre le mauvais sort, d’emportement contre la Destinée, un geste qui ravissait la Dame en noir, la jetait sur sa poitrine et l’en faisait le maître, à travers l’espace.
Il n’eut pas plutôt fait ce geste, que ma pensée se précisa, ma pensée qui errait autour de Larsan s’arrêta sur Darzac! Oh! je m’en souviens très bien; c’est à partir de cette seconde où il eut ce geste de rapt dans la nuit lunaire que j’osai me dire ce que je m’étais déjà dit pour tant d’autres… pour tous les autres… «Si c’était Larsan!»
Et, en cherchant bien, au fond de ma mémoire, je trouve que ma pensée a été plus directe encore. Au geste de l’homme, elle a répondu tout de suite, elle a crié: «C’est Larsan!»
J’en fus tellement épouvanté que, voyant Robert Darzac se diriger vers moi, je ne pus retenir un mouvement de fuite qui lui révéla ma présence. Il me vit, me reconnut, me saisit le bras, et me dit: