La mère Bernier se tenait au fond de la loge qu’éclairait une petite veilleuse. Elle était un paquet noir sur un fauteuil. Elle devait être au lit quand le coup de feu avait éclaté et elle avait jeté sur elle, à la hâte, quelque vêtement. J’approchai la veilleuse de son visage. Les traits étaient décomposés par la peur.
«Où est le père Bernier? demandai-je.
— Il est là, répondit-elle en tremblant.
— Là?… Où, là?…»
Mais elle ne me répondit pas.
Je fis quelques pas dans la loge et je trébuchai. Je me penchai pour savoir sur quoi je marchais; je marchais sur des pommes de terre. Je baissai la veilleuse et j’examinai le parquet. Le parquet était couvert de pommes de terre; il en avait roulé partout. La mère Bernier ne les avait donc pas ramassées depuis que Rouletabille avait vidé le sac?
Je me relevai, je retournai à la mère Bernier:
«Ah çà! fis-je, on a tiré!… Qu’est-ce qu’il y a eu?
— Je ne sais pas», répondit-elle.
Et, aussitôt, j’entendis qu’on refermait la porte de la tour, et le père Bernier apparut sur le seuil de la loge.