Tout à coup retentit un cri de douleur si effrayant poussé par Rouletabille que La Candeur, en une seconde sur ses pattes, jeta bas la porte d'un coup d'épaule et se rua dans la chambre.

A la lueur d'une lampe, il vit Rouletabille debout, la poitrine oppressée, qu'il déchirait de ses ongles, la figure tragique, les yeux grands ouverts, comme habités par l'épouvante. La Candeur ouvrit ses bras et reçut Rouletabille sur son coeur, en sanglotant:

—Qu'est-ce qu'il y a?… Qu'est-ce qu'il y a?…

Il y a qu'elle m'aime! s'écria Rouletabille en pleurant lui aussi et en rendant son étreinte au bon géant…

—Et c'est pour cela que tu pleures? Et c'est pour cela que tu cries?…
Mais si elle t'aime, mon petit Rouletabille, si elle t'aime, épouse-la!…

—Elle m'aime, et nous sommes séparés pour toujours!… Comprends-tu?…
Séparés par une chose épouvantable… épouvantable!… épouvantable!…
Ah! la malheureuse!… la malheureuse!… Et malheureux que je suis! Tout
est fini!… Et moi qui l'accusais!… Je n'ai plus qu'à mourir!…

—Allons! allons! pas de bêtises! gronda le géant, pas de mots comme ça ou je me fâche!… Et d'abord je voudrais bien savoir pourquoi vous ne pouvez pas vous épouser, par exemple!… Ça n'est pourtant pas parce qu'elle a fait ce mariage qui ne compte pas avec ce Teur!

—Non! ce n'est pas pour cela que notre mariage est impossible, mon bon La
Candeur!… C'est parce que… Oh! c'est épouvantable, je te dis!…

—Pourquoi?

Parce que son mari est mort!