—Nullement. J'ai à mon service un Transylvain, un nommé Tondor, garçon fort débrouillard, qui me les porte en Roumanie… J'évite ainsi bien des retards et bien des ennuis.

A ce moment, La Candeur entra, se prit le pied dans un tapis et faillit tomber en voulant baiser galamment la main de l'ambassadrice, ainsi qu'il avait vu faire à Rouletabille; il se raccrocha heureusement à celle de l'ambassadeur, puis s'approcha, tout rouge de sa maladresse, de son reporter en chef et lui tendit un pli.

—Tondor est revenu?

—Oui!…

—Vous permettez, messieurs? Des nouvelles de Paris.

C'était une lettre de son directeur.

Rouletabille lut avec une joie qu'il dissimula les compliments dont elle était pleine. L'Époque avait triomphé avec cette histoire de Marko Le Valaque… et tous les lecteurs de la Nouvelle Presse qui s'étaient intéressés aux premiers articles de cet étrange correspondant étaient allés chercher la suite dans la feuille rivale, sous la signature de Rouletabille. Enfin on avait connu la vérité sur la prise de Kirk-Kilissé, et le directeur de l'Époque écrivait au reporter: «Continuez, mon ami, et ne bluffez jamais! Il faut laisser cela aux journalistes d'occasion et à Marko Le Valaque!»

—Eh bien, qu'est-ce qu'on dit à Paris? demanda le drogman.

—On dit que les Bulgares seront ici avant huit jours et qu'ils célébreront dimanche prochain la messe à Sainte-Sophie.

—Voilà l'ouvrage des Jeunes-Turcs! fit quelqu'un.