—Oui, mais vous étiez au premier poste pour apprendre les nouvelles! lui fit remarquer le premier secrétaire.

—Ne croyez pas cela, répondit Rouletabille. Ce pauvre général était toujours le dernier à apprendre quelque chose… Il n'avait ni télégraphe, ni téléphone de campagne, ni aéroplane, ni rien… Les routes étaient si mauvaises qu'il ne pouvait même pas avoir d'estafettes. C'est moi qui, au prix de mille difficultés, lui ai appris la déroute de ses troupes autour de Turkbey!

—Enfin nous assistons à la ruine de la Turquie, dit un confrère.

—Oh! la ruine? C'est bientôt dit!… Si on voulait défendre Tchataldja… fit Rouletabille.

—Dans tous les cas, nous allons assister à une révolution, repartit le journaliste.

—Le bruit court qu'Abdul-Hamid a des chances de remonter sur le trône, avança un autre.

L'ambassadeur s'approcha de Rouletabille et lui dit:

—Mes compliments. Je viens de recevoir un télégramme où il est question de vos intéressantes correspondances.

Rouletabille rougit de plaisir.

—Mais comment les expédiez-vous? s'il n'est pas indiscret de vous poser une pareille question, demanda un correspondant.