Ah! qu'il voudrait retrouver un mur!… seulement une pierre pour le soutenir!… pour le rattacher à quelque chose! Il lui semble qu'il serait moins perdu! C'est horrible d'être ainsi dans le néant liquide et noir…

Ses jambes se dérobent sous lui, il sent qu'il va tomber, s'allonger… pour toujours!

Il va mourir… dans ce tombeau plein de millions!… qu'il a violé!… et qui le garde!

Si ses oreilles lui font entendre d'étranges sons, ses yeux, à cette minute suprême, comme il arrive parfois dans la nuit des paupières closes, lui font voir tout à coup de sinistres lueurs… des cercles de lumière qui dansent la danse des millions… la danse des trésors d'Abdul-Hamid…

Rêve magnifique au seuil de la mort…

Avant qu'il ne rende le dernier souffle, les trésors qu'il est venu chercher là, au fond de la terre et de l'eau, ont la coquetterie macabre de briller pour lui une fois encore… oui… Il y a là-bas des rayonnements de joyaux…

Ainsi, ce petit cercle de lumière lactée ne peut être que l'un de ces diadèmes qu'il a osé toucher tout à l'heure et qui vient danser autour de lui, comme s'il était sur le front d'une reine invisible qui danserait et qui serait naine!…

Car le cercle de lumière s'avance à une petite hauteur.

Et voilà que la vision s'agrandit… Ce diadème est vaste maintenant comme une grande roue dont le moyeu serait occupé par un cabochon d'un éclat insoutenable…

Soudain ce cabochon cesse de briller.