—Et sans que tu t'aperçoives de rien, car nous n'aurions pas voulu te faire de la peine…
—Va donc!
—Cette fois, j'ai commencé par perdre!
—C'était bien fait!
—Attends donc!… comme je n'avais plus d'argent, j'ai signé des billets à Vladimir pour une somme assez rondelette. Or ces billets, étant à échéance assez rapprochée, m'empêchaient de dormir. Je suis un peu comme ce pauvre Modeste, moi, je tiens beaucoup à mon sommeil. Si bien que j'ai tout fait pour regagner mes billets.
—Tu as triché! dit Vladimir.
—Je l'avoue… J'ai si bien triché que j'ai gagné presque tout le temps, et qu'après avoir regagné mes billets, j'en ai gagné d'autres que j'ai fait, cette fois, signer à Vladimir… Je lui en ai fait signer pour cent mille francs… Cent mille francs de billets, c'est quelque chose, même quand ils sont signés par Vladimir Pétrovitch de Kiew.
—Je doute, dit Rouletabille, qu'ils aient produit sur Vladimir le même effet que sur toi. N'est-ce pas, Vladimir?
—Eh! monsieur, je suis d'une famille fort honorable, répondit Vladimir, et si ces billets ne venaient point me troubler la nuit, ils me donnaient une mine fort renfrognée pendant le jour.
—Je ne m'en suis jamais aperçu, dit Rouletabille.