Que toute sa famille redoute,

Je me doute

Que la croûte

D'un grand godiveau

Serait son tombeau.

Boufflers et sa sœur ne quittaient pas la Cour et la suivaient dans tous ses déplacements.

C'est ainsi qu'en 1759, il s'en fallut de peu que le château de Commercy ne fût la proie des flammes, grâce à l'imprudence de l'abbé.

Il habitait un appartement du premier étage; il commit l'étourderie de placer une chandelle trop près d'une tapisserie, puis de s'absenter pour aller rendre une visite à une dame qui lui voulait du bien; leur conversation, fort attachante évidemment, se prolongea très tard, si tard qu'à deux heures du matin l'abbé n'était pas encore rentré chez lui: il fut réveillé en sursaut par les cris au feu! au feu! qui retentissaient dans le château. Il n'eut que le temps de se précipiter dans les corridors, et c'est alors qu'il s'aperçut que son appartement était en flammes. Par grande chance, les secours ne se firent pas attendre et l'on put conjurer le danger, mais l'appartement de l'abbé fut entièrement consumé. Heureusement, l'on n'était pas collet-monté à la cour de Stanislas, et Boufflers, au lieu de reproches, reçut mille félicitations sur l'heureuse circonstance qui lui avait probablement sauvé la vie.

Pendant que l'abbé risquait d'incendier Commercy, son frère, le marquis, faisait la campagne d'Allemagne avec son oncle de Beauvau, et il se couvrait de gloire. Grâce à la protection de Stanislas, il avait été nommé colonel du régiment Dauphin Infanterie, puis gouverneur des villes et château de Pont-à-Mousson (1758). L'amitié intime du Dauphin lui présageait un avenir plus brillant encore.

Avant d'achever ce chapitre, disons quelques mots des événements qui se sont passés à cette époque dans la famille de la favorite et aussi dans l'entourage immédiat du roi.