Qu'elle puisse être mieux au lit.

Cette fréquentation de la cour et des aimables dames qui en font l'ornement, en particulier de Mme de Boufflers, ne paraît pas avoir particulièrement réussi à la charmante Rosette. Il lui arriva un petit désagrément qui dut être fort pénible au sévère Alliot.

Rosette rencontrait sans cesse chez la marquise le chevalier de Beauvau. Ce dernier se laissa prendre aux attraits de la jeune fille et elle-même ne sut pas résister aux douces paroles du brillant officier.

Ce petit roman fut mené fort loin, aussi loin même qu'il était possible, si bien qu'un jour arriva où il fallut à tout prix en cacher les conséquences. Il ne pouvait être question de réparation, un mariage entre un Beauvau et une Alliot étant une pure monstruosité; on eut alors recours à l'expédient ordinaire: un certain M. de Pont, conseiller à la Cour Souveraine, cherchait à se marier; on lui persuada que Mlle Alliot était la femme de ses rêves; il n'y contredit pas, et le mariage fut célébré dans la chapelle du château, en présence du Roi et de toute la Cour. Par malchance, l'heureux époux fut plus perspicace qu'on ne s'y était attendu, ou la situation de la jeune fille plus apparente qu'il ne fallait; toujours est-il que le mariage à peine célébré, M. de Pont en demanda la cassation et intenta un procès à l'officialité de Nancy. Pendant que le procès s'instruisait, la jeune femme accouchait paisiblement à Paris d'un fils qui fut ouvertement baptisé «en la paroisse de la Madeleine sous le nom de Basile-Amable, fils naturel de Marie-Louise Alliot et de Ferdinand-Jérôme de Beauvau!» M. de Beauveau était si loin de contester sa paternité qu'il signa tout simplement l'acte de baptême[ [74].

CHAPITRE XV
1759-1760

Tressan est nommé gouverneur de Bitche.—Voltaire envoie au roi de Pologne l'Histoire de Charles XII.—Le Roi riposte par son ouvrage: l'Incrédulité combattue par le bon sens.

Les démarches de Stanislas et les sollicitations de Tressan auprès du duc de Choiseul n'avaient pas été sans résultat. Quand le gouverneur de Toul était revenu avec le Roi à Lunéville, en 1759, il avait pu annoncer à Mme de Boufflers qu'il avait obtenu la survivance du commandement de Bitche et de la Lorraine allemande. C'était un poste très important, mais il ne devait entrer en fonctions que quand le titulaire, M. de Bombelles, cesserait de l'occuper; comme ce dernier était fort malade, la succession, selon toute vraisemblance, ne devait pas se faire attendre trop longtemps; jusque-là on accordait au comte une gratification annuelle.

Voltaire, qui cherchait à consoler son ami Tressan des déceptions qu'il éprouvait aussi bien dans la carrière académique que dans la carrière militaire, lui écrivait aussitôt pour le féliciter: