Je crois, de bonne foi, qu'il pense comme nous.
Chaque soir il y a danse, jeu, concerts, comédies, fête au kiosque. Comme la chaleur est étouffante, l'on dîne presque tous les soirs sous les bosquets.
Le 28 Mesdames repartent pour Plombières et le 30 elles commencent leur seconde saison.
Le 8 septembre était le jour de la fête des princesses. Les habitants voulurent célébrer cet heureux événement par des réjouissances inaccoutumées; on planta une allée de sapins depuis la maison de Mesdames jusqu'aux Capucins: partout se dressaient des cartouches avec cette inscription: «Vivent Mesdames de France.» Le soir, suivant l'habitude, on alluma des rangées de lampions. Les princesses daignèrent sortir malgré l'avis des médecins et se promener dans la foule: «Tout le monde, écrit le naïf chroniqueur de ce récit, fut si pénétré de cette bonté, que l'on a vu plusieurs personnes en verser des larmes de tendresse.»
Stanislas vint trois fois voir ses petites-filles, malgré la chaleur et la fatigue de la route. Il logeait chez M. Grillot, à l'hôtel des Deux-Saumons.
En revenant à Lunéville, lors de sa dernière visite, survint un accident assez grave. L'exempt des gardes qui escortait le carrosse tomba de cheval si rudement qu'il rendait le sang par la bouche. Le Roi, très ému et toujours plein de bonté, fit descendre son compagnon de voyage, le chevalier de Listenay, et donna sa place au malheureux blessé. Quant à Listenay, il le fit tout simplement monter derrière la voiture.
Le 24 septembre, Mesdames quittèrent Plombières et reprirent la route de Paris.
CHAPITRE XXI
1762
L'ordre des Jésuites est menacé.—Stanislas appelle Cerutti à Nancy.—Exil des Jésuites.—Chagrin de Marie Leczinska et de son père.—Mesdames viennent encore faire une saison à Plombières.—Arrivée de Christine de Saxe.—Projets de mariage.—Fêtes à Plombières et à Lunéville.—Incendie du kiosque.—Fêtes à Nancy.—Retour à Plombières.