Non seulement Stanislas s'occupait des malheureux, mais en toutes circonstances il laissait voir la bonté de son âme et la générosité de son cœur. Ne s'était-il pas imaginé de fonder des messes perpétuelles pour ses amis et ennemis, vivants ou défunts, pour ceux auxquels il pouvait avoir donné sujet de scandale, pour ceux qui avaient péri à la guerre pendant les révolutions de Pologne, etc., etc.! La liste en était interminable.

Malgré son âge, Stanislas n'avait jamais perdu l'espoir de remonter un jour sur le trône de Pologne. En 1763, ayant appris que l'état de santé d'Auguste, son successeur, était des plus graves, il se persuada que ses anciens sujets allaient peut-être le rappeler. Son imagination aidant, cet espoir devint bientôt pour lui une certitude, et il s'efforça par tous les moyens de reconquérir cette couronne de Pologne qu'il regrettait si vivement. Il profita de l'intimité de ses relations avec la princesse Christine pour suivre de près la marche des événements et se faire tenir au courant de tout ce qui se passait à Dresde.

Les Lorrains n'ignoraient pas les secrets désirs de leur maître et ils lui reprochaient des projets qui ne tendaient rien moins qu'à les abandonner.

Peuples amis de la liberté,

Qui dans un Roi ne chérissez qu'un sage,

Venez à Stanislas rendre un troisième hommage,

C'est le rendre à l'humanité.

Mais, ô vous, Stanislas! vous, des Rois le modèle,

A votre propre loi seriez-vous infidèle?

Vous régnez sur nos cœurs, que voulez-vous de plus?