En saurait donc plus que les maîtres.

CHAPITRE XXVI
1766

Séjour de Marie Leczinska à Commercy.—Mort du Dauphin.—Chagrin de Stanislas.—Cérémonie funèbre à la Primatiale de Nancy.—Accident arrivé à Stanislas.—Ses souffrances.—Sa mort.—M. de la Galaizière s'empare des deux duchés au nom de la France.—Testament du Roi.

Les seuls plaisirs véritables que goûta Stanislas pendant les années assombries de sa vieillesse étaient les courts séjours qu'il pouvait encore faire à Versailles auprès de sa chère Maryczka, auprès de celle qui était devenue l'unique joie de sa vie. Rien ne pouvait le faire renoncer à ces voyages, et pour revoir sa fille, il affrontait gaîment aussi bien les fatigues de la route que les intempéries des saisons.

Au mois de juillet 1765, le Roi voulut, comme à l'ordinaire, faire ses préparatifs de départ, mais il était si vieux, si cassé, si fatigué qu'on craignit qu'il ne pût arriver au terme du voyage et on l'écrivit à Marie Leczinska. La Reine, très émue, s'empressa de détourner son père d'un projet qui pouvait lui être si dangereux, mais pour le consoler elle lui annonça qu'elle viendrait elle-même à Commercy et qu'elle passerait trois semaines auprès de lui.

Fidèle à sa promesse, la Reine partit de Compiègne le 17 août et elle arriva à Commercy le 19 au soir. On peut supposer la joie du vieux monarque en revoyant sa fille bien-aimée; cette réunion fut pour tous deux un enchantement de tous les instants; on aurait dit qu'un pressentiment les avertissait qu'il ne se reverraient plus en ce monde.

Marie Leczinska est si heureuse qu'elle trouve tout charmant, délicieux; elle ne cesse de répéter que Commercy est un «palais enchanté». Stanislas, ravi de son admiration, lui montre avec un orgueil enfantin toutes les merveilles dont il est l'auteur; il la promène dans ces jardins magnifiques qui s'étendent à perte de vue devant le château et qu'il fait entretenir avec tant de soin; il lui fait admirer les étangs, les cascades, le pont d'eau avec ses colonnes lumineuses, le kiosque, le château d'eau avec sa vue unique au monde, etc.

Le monarque, en l'honneur de sa fille, veut faire chanter les merveilles de ce riant séjour et c'est à Panpan qu'il s'adresse, à Panpan qui est devenu le poète attitré de la cour.

Le lecteur du roi se met à l'œuvre, mais hélas! l'inspiration lui manque et il accouche de ce pénible poème, dont les flatteries ne dissimulent pas la pauvreté: