En remerciement, l'empereur accorda à l'auteur une pension de 1,500 livres, mais à la condition que les pièces ne seraient pas imprimées.

La margrave de Bayreuth ne se montra pas moins généreuse que l'empereur. Elle aussi accorda une pension à la femme-auteur; elle chercha même à l'attirer auprès d'elle, mais Mme de Graffigny prit prétexte de son âge pour repousser une offre flatteuse et demeurer auprès de ses amis de Paris.

[26] Mme de Graffigny vendit sa pièce au libraire Duchesne pour la somme de 2,000 livres.

La reprise de Cénie lui valut, pour onze représentations, du 18 novembre au 12 décembre, comme droits d'auteur, 1,613 livres qui lui furent payées ainsi: «2 sacs de 600 livres, 17 louis, et 5 francs de monnaie.»

[27] Quant à Collé, qui s'était d'abord montré enthousiaste, il écrivait après avoir lu la pièce:

«Je fais amende honorable du peu de bien que j'en ai dit.

«Je trouve cette rapsodie au-dessous de celle de La Chaussée. Mal écrite, toutes les pensées sont communes, fausses, louches, jamais le terme propre. Enfin la forme et les détails sont aussi mauvais que le fonds, qui est bien la plus pitoyable création que l'on ait faite depuis cent cinquante ans.»

[28] Elle était la nièce de Mlle de Seine, qui avait épousé Dufresne, le célèbre comédien. Elle était entretenue par M. de Voyer, fils du marquis d'Argenson. Elle mourut en 1758 de la petite vérole, à l'âge de vingt-quatre ans.

[29] Mlle Lamotte (1704-1769), était fille d'un officier; elle fut élevée au couvent des Ursulines de Metz, se fit enlever et entra au théâtre. Elle avait été protégée par le maréchal de Saxe.

[30] Comme Mme de Graffigny s'était occupée de la pièce de Panpan et en avait surveillé les répétitions, on lui en attribua très faussement la paternité. On lit en effet dans les Cinq années littéraires, par Clément, La Haye, 1752: