[ VIII]

DERNIÈRES ANNÉES
DE LA
COUR DE LUNÉVILLE


CHAPITRE PREMIER
1750

La Cour de Lunéville en 1750.—Le carnaval.—Fête à la Mission.—La société de Mme de Boufflers.—Le comte de Bercheny et sa famille.

Après les événements tragiques survenus à Lunéville dans les derniers jours de l'année 1749, la cour resta morne et désemparée et pendant quelque temps sous une impression de tristesse que rien ne pouvait dissiper[ [2]. Tous les esprits étaient hantés de pénibles souvenirs et le Roi plus que tout autre se montrait inconsolable. La mort de Mme du Châtelet et le départ de Voltaire le privaient de ses plaisirs les plus vifs, du charme qu'il trouvait dans un commerce journalier avec des esprits supérieurs, éminemment aimables et distingués.

Dans son chagrin profond Stanislas s'isolait et fuyait ses courtisans les plus chers; il ne voulait plus d'autre société que son chien Griffon, son singe, et le cher Bébé dont les facéties de mauvais goût avaient seules encore le don de le distraire.

C'est alors qu'on composa ce distique railleur: