M'offre les traits chéris du héros que j'adore;

Elle renferme tous les biens.

CHAPITRE IV
1750-1752

Passion de Tressan pour Mme de Boufflers. Correspondance avec Panpan.

Tressan ne consacrait pas uniquement les loisirs que lui laissait son gouvernement à la création de l'Académie de Nancy; il avait encore d'autres soins. Plus il vivait à la cour de Lunéville, plus il subissait le charme de la marquise de Boufflers, plus il se sentait entraîné vers elle par un irrésistible penchant.

On voit par sa correspondance les progrès inquiétants que fait l'amour dans le cœur du pauvre gouverneur. Pas de jour, pas d'heure où sa pensée ne se reporte à Lunéville, dans cette cour délicieuse, près de ces deux sœurs également séduisantes, près de celle surtout qui peu à peu s'est emparée de toutes ses facultés. On sent combien il l'aime, à quel point elle le possède tout entier. Il ne songe plus qu'à elle, au bonheur de la revoir, et, en attendant ce jour béni, il veut qu'elle soit au courant de tout ce qui lui arrive, des moindres incidents de sa vie.

Un jour il fait une chute assez grave et se blesse sérieusement au pied. Bien vite il charge Panpan d'annoncer sa mésaventure à la «dame de ses pensées», mais la triste nouvelle ne paraît pas affecter outre mesure la «divine marquise».

«A Toul, ce dimanche.

«Je vois par la réponse du cher Panpan que Mme la marquise n'a pas grande pitié du pauvre Tressanius. J'ose espérer cependant qu'elle le plaindrait, s'il paraissait un moment à ses yeux.