De tous temps, du reste, l'habile jésuite et ses confrères de Nancy ont saisi toutes les occasions de faire leur cour au prince, et lors de ses séjours à la Malgrange, ils se sont toujours efforcés de l'attirer à la Mission et de le charmer par des représentations dramatiques, des chants, des repas somptueux, voire même des illuminations et des feux d'artifice.

En 1750, le Père de Menoux décide d'ériger dans la salle basse du couvent un buste en marbre de son pénitent et bienfaiteur. Naturellement l'inauguration de ce buste sert de prétexte à une grande fête. Non seulement Stanislas daigne l'honorer de sa présence, mais il pousse la condescendance jusqu'à présider la table des Révérends Pères.

L'occasion était belle pour accabler le monarque de compliments hyperboliques et l'on n'y manqua pas.

Avant le dîner, le Père Leslie récite une ode de sa composition où il rappelle «habilement» tous les bienfaits que la Lorraine doit au roi de Pologne. La pièce est pitoyable et d'une longueur démesurée, mais il serait cependant dommage de n'en pas citer quelques strophes, quand ce ne serait que pour montrer jusqu'à quel degré peut aller la flagornerie humaine.

Ainsi Rome, en Héros féconde,

Dans ses Temples, sur ses Autels,

Jadis pour l'exemple du monde

Consacrait leurs traits immortels.

Des Grands Hommes, des vrais Monarques,

Ces monuments vainqueurs des Parques