«Mon très cher Pan Pan, votre souvenir ajoute un nouvel agrément à la douceur de ma retraite. Je vous prie de remercier de ma part la très bonne compagnie que vous dites ne m'avoir pas oublié. Si j'étais d'une assez bonne santé pour voyager encore, je sens que je ferais bien volontiers un tour en Lorraine. Mais je prendrais trop mal mon temps lorsque vous en partez.
«Je suis bien loin actuellement de songer à des comédies, mais faites-moi savoir le titre de la vôtre; j'écrirai un petit mot à l'aréopage... trop heureux de vous procurer des plaisirs que je ne peux partager.
«Mille respects, je vous prie, à Mme de Boufflers.
«Je vous embrasse tendrement.
«V.»
Puisque Voltaire a tant de bonne volonté pour son ancien ami, pourquoi Panpan ne se montrerait-il pas indiscret; deux mois plus tard il écrit de nouveau au philosophe; cette fois il sollicite ses entrées à la Comédie, et il obtient encore gain de cause.
«Aux Délices, 18 septembre 1755.
«Je peux, mon cher Pan Pan, vous prêter quelque triste élégie, quelque épître chagrine; cela convient à un malade; mais pour des comédies, faites-en, vous qui parlez bien et qui êtes jeune et gai.
«Voyez si vous vous contenterez d'un billet aux comédiens pour vous donner votre entrée. Il se peut qu'ils aient cette complaisance pour moi, et je risquerais volontiers ma requête pour vous obliger: comme je leur ai donné quelques pièces gratis, et en dernier lieu des Magots chinois, j'ai quelque droit de leur demander des faveurs, surtout quand ce sera pour un homme aussi aimable que vous.
«Mille respects, je vous prie, à Mme de Boufflers, et à quiconque daigne se souvenir de moi à Lunéville.