«Tâchez de vous trouver dans le salon pour la sortie du dîner, parce que nous prendrons notre revanche; et c'est bien quelque chose de jouer avec ce que l'on aime, car je suppose que vous m'aimez encore un peu.»


«Je suis une paresseuse; je me lève, je n'ai qu'un moment, et je l'emploie à vous dire que je vous adore, vous regrette et vous désire. Venez donc le plus tôt que vous pourrez. Vous boirez et dînerez ici; j'espère aussi que vous y aimerez.»


«Vous m'avez dit hier des choses si tendres et si touchantes que vous avez pénétré mon cœur; mais aimez-moi donc toujours de même. Croyez que, quand vous m'aimez, je vous adore. J'ai passé la nuit la plus agréable qu'on puisse passer sans vous; votre idée ne m'a point quittée. Vous voulez que je vous mande ce que je ferai aujourd'hui! Ce que je veux faire tous les jours de ma vie: je vous verrai, je vous aimerai, je vous le dirai; mais que je le lise donc dans les yeux charmants que j'adore.»


«Je m'éveille avec la douleur de vous avoir affligé un moment hier, avec l'inquiétude de la manière dont vous aurez passé la nuit: mais avec tout l'amour que votre cœur charmant mérite. Comptez que le mien en est pénétré; que je n'ai jamais plus senti combien je suis heureuse d'être aimée de vous et que je ne l'ai jamais mérité davantage. Je vais dîner à table, c'est-à-dire assister... Je vous adore, et c'est pour toute ma vie... mais il faut se coiffer.»


Ce n'était pas tout de s'aimer et de se le dire cent fois par jour et de se l'écrire vingt fois; il fallait encore déjouer les yeux trop perspicaces, prévenir les indiscrétions possibles, endormir la jalousie de Voltaire, apaiser la colère de Mme de Boufflers quand elle découvrirait l'intrigue, ce qui ne pouvait tarder.