Tous les cœurs à ton char s'enchaînent tour à tour,
Tu plais au libertin, tu captives les sages,
Tu domptes les plus fiers courages;
Tu fais l'office de l'Amour.
On croit voir cet enfant en te voyant paraître;
Sa jeunesse, ses traits, son art,
Ses plaisirs, ses erreurs, sa malice peut-être:
Serais-tu ce Dieu, par hasard?
La vie est délicieuse, et les jours s'écoulent sans qu'on s'en aperçoive; tous les hôtes du château vivent dans la joie, dans un bonheur sans mélange. «Nous avons passé à Lunéville un bien joli carnaval, écrit dans son enthousiasme la divine Émilie. Le roi de Pologne me comble de bontés et je vous assure qu'il est bien difficile de le quitter.» Il était peut-être encore plus difficile de quitter Saint-Lambert.
Enfin le carême arriva et l'on se calma un peu; des plaisirs tranquilles remplacèrent les fêtes bruyantes.