[21] L'abbaye de Poussay était située à une demi-lieue au-dessous de Mirecourt, sur la chaussée de Nancy. Le chapitre, où les preuves étaient les mêmes que dans les autres chapitres nobles de Lorraine, était composé d'une abbesse, d'une doyenne et de quinze dames chanoinesses. Après avoir suivi pendant longtemps la règle de saint Benoit, les religieuses se sécularisèrent. L'habit de chœur des dames était un manteau d'étamine bordé d'hermine.

[22] Le nombre des chanoinesses pouvait aller jusqu'à soixante-dix-neuf. Après l'abbesse il y avait deux dignités: la doyenne et la secrète. Une tourière, une aumônière, quatre chanoinesses-chantres étaient les autres dignitaires. Chacune des dames avait le droit de choisir une coadjutrice, qu'on appelait nièce et qui lui succédait de plein droit en cas de mariage ou de mort.

[23] En 1744, Louis XV accorda aux chanoinesses le droit de porter de la droite à la gauche un large cordon bleu liseré de rouge auquel devait être attachée en forme de croix de chevalerie une médaille représentant saint Romaric.

[24] Pour être admise à Remiremont, il fallait prouver contradictoirement devant le chapitre assemblé soixante-quatre quartiers de noblesse, c'est-à-dire faire preuve de neuf générations chevaleresques dans les deux lignes paternelle et maternelle. Louis XIV et Louis XV n'auraient pu faire admettre leurs filles dans le célèbre chapitre parce qu'elles avaient du sang de Médicis dans les veines.

[25] Il était fils de Charles-François, marquis de Boufflers, lieutenant-général, chevalier de Saint-Louis, seigneur de Remiencourt, Dommartin, Gaullancourt, la Valle, la Bucaille et autres lieux, et de Louise-Antoinette-Charlotte de Boufflers.

Les Boufflers étaient originaires de la Picardie. Un partage de terre fait entre trois frères le 6 juillet 1585 avait divisé la famille en trois branches: l'aînée, qui reçut de Louis XIV en 1695 le titre ducal; la branche des Rouverel, et enfin celle des Remiencourt; cette dernière se fixa en Lorraine.

La descendance directe du maréchal de Boufflers s'éteignit bientôt; mais la branche des Remiencourt, celle de Nancy, s'étant alliée à la dernière descendante du maréchal, les Remiencourt, par les femmes, se trouvèrent, à un moment, descendre du maréchal.

[26] Stanislas Leczinski (1682-1766), simple palatin de Posnanie, avait été élu roi de Pologne en 1704, grâce à l'amitié de Charles XII; il fut renversé, en 1714, par Auguste, électeur de Saxe. En attendant qu'il pût l'aider à reconquérir son royaume, Charles XII donna à Stanislas le gouvernement de la principauté de Deux-Ponts qui appartenait à la Suède. Mais le roi de Suède mourut en 1718 et Stanislas fut expulsé des Deux-Ponts. Il dut se réfugier à Landau, puis à Wissembourg, où la France lui offrit un asile. Il y vivait avec sa femme et sa fille Marie dans un état voisin de la misère lorsqu'en 1725, à la suite de l'intrigue la plus invraisemblable, Louis XV demanda la main de la jeune Marie Leczinska.

Après le mariage de sa fille, Stanislas habita le château de Chambord.

[27] En 1733 l'on apprit que le roi Auguste de Pologne était mort et que les Polonais, mécontents de la maison de Saxe, offraient de nouveau la couronne au roi Stanislas. Ce dernier partit pour la Pologne où il fut élu à l'unanimité. Des mécontents proclamèrent le fils d'Auguste, électeur de Saxe. Poursuivi par les Russes et abandonné par les nobles de son parti, Stanislas se réfugia à Dantzig, puis à Kœnigsberg.