Voici la lettre de Mme Denis à d'Argental:

«Je reçois dans l'instant, Monsieur, une lettre de M. de Voltaire. Sans doute qu'il ne sait point encore votre retour. Il me charge de faire dire sur-le-champ aux comédiens qu'il défend absolument que son ombre soit vêtue en noir. Voilà les propres mots de sa lettre:

«Les crêpes noirs sont ridicules. Il faut un habit guerrier tout blanc, une cuirasse bronzée, une couronne d'or, un sceptre d'or et un masque tout blanc comme dans la statue du Festin de Pierre. Je vous prie de ne pas souffrir que l'ombre porte le deuil d'elle-même.»

«Il me mande qu'il sera à Paris les premiers jours de septembre et que sa santé est fort mauvaise; il est actuellement à Lunéville. Je me flatte que vous voudrez bien dire aux comédiens ses intentions et les faire suivre. J'aurais saisi cette occasion avec bien de l'empressement pour avoir l'honneur de vous voir, si je n'avais une fluxion dans la tête, qui m'empêche de sortir. Je n'ose espérer que vous m'en dédommagerez en me faisant celui de passer chez moi à vos heures perdues. J'en serais trop flattée.

«Mignot Denis.»

(Inédite.)

[123] Ce cabinet chinois a été légué par la reine à sa dame d'honneur, la comtesse de Noailles; il existe encore, admirablement conservé, au château de Mouchy.

[124] Le cavagnole était un jeu importé vers le milieu du dix-huitième siècle de Gênes où on le nommait cavaiola. C'était une sorte de loto; il se jouait à l'aide de petits tableaux à cinq cases contenant des figures et des numéros.

Voltaire en dit dans une de ses épîtres:

On croirait que le jeu console,