Je reprends le matin une facile étude,

Le parfum de mes fleurs chasse au loin mes ennuis.

Je vois le soir de vrais amis,

Et m'endors sans inquiétude.

Les agréments de la nature et du voisinage ne sont pas seuls à charmer le vieux comte. L'ancien amoureux de Mme de Boufflers est toujours resté sensible à la jeunesse et à la beauté, et l'âge n'a pas complètement glacé ses sens. Il est comme ces vieux charretiers dont parle Maurice de Saxe et qui aiment toujours à entendre claquer le fouet. «Les fleurs nouvellement écloses ont encore pour moi des appas! s'écrie Tressan. Éloignez ces cyprès, apportez-moi des roses», et il joint l'exemple au précepte. Il y a à Franconville une jeune paysanne de quatorze ans, nommée Fanchon, qui aide Tressan dans ses travaux de jardinage. Venue la première fois par hasard, elle lui devient bientôt indispensable; il la réclame sans cesse, il ne peut plus se passer d'elle. Ses grâces naissantes bouleversent le vieillard et bientôt il compose des vers en l'honneur de Fanchon. C'est Fanchon qui a remplacé Mme de Boufflers!

Entre mes bras, j'ai tenu l'innocence,

Le lys des prés, la rose du printemps,

C'est ma Fanchon... Elle sort de l'enfance,

Elle a deux mois plus que ses quatorze ans.

Ses yeux charmants, souvent pleins de tendresse,