Bonne, simple, généreuse, elle aimait à faire le bien, aussi était-elle adorée. On la voyait souvent parcourir les villages des environs un grand chapeau de paille sur la tête, et sous le bras «une cassette d'apothicaire». Non seulement elle portait des secours aux pauvres, mais elle soignait les malades et les guérissait souvent.

Elle adorait la musique, et elle donnait chez elle d'agréables concerts. Souvent aussi le dimanche, après vêpres, elle prenait sa guitare et elle entraînait dans la prairie toute la jeunesse du village. Là, assise sur un tronc d'arbre, on la voyait diriger gaiement des rondes effrénées au son de son instrument[ [84].

Intimement liée avec Mme de Boufflers, Panpan, Cerutti, Mme de Brancas, elle entretenait encore les plus affectueuses relations avec quelques familles du pays, les Regnault d'Ubexi, les de Jobard, les Lebègue, les de Juvincourt, etc. Mlle de Juvincourt demeurait même chez elle; plus tard elle fut remplacée par Mlle Devisme d'Aubigny.

A Sommerviller, dans la charmante résidence qu'elle occupe, Mme Durival reçoit volontiers ses amis. Nous les verrons venir souvent lui demander à dîner et faire chez elle de courts séjours. Ils aiment à se promener avec elle dans les vergers et dans les bois qui entourent sa demeure et à discourir de omni re scibili et quibusdam aliis.

Panpan apprécie plus que personne l'esprit et l'agrément de la jeune femme, il l'invite sans cesse à Lunéville et elle vient souvent avec Mlle de Juvincourt s'installer pendant quelques jours chez le vieux philosophe.

Un jour où il la presse de le venir voir, il la plaisante agréablement sur ses métamorphoses; car Mme Durival, grâce à la liberté d'allures que nous lui connaissons, porte tantôt le costume de son sexe, tantôt l'habit masculin:

Venez, jeunes Beautés, parer mon hermitage,

Vous surtout qu'on ne sait souvent comment nommer:

Vous qu'on ne sauroit trop aimer,

Soit comme Hébé, soit comme un joli page;