Ton cœur m'émeut, ton goût me plaît.
Quand j'embellirai mon asile,
C'est entre Pylade et Virgile
Que je veux placer ton portrait[ [87].
La nature franche et énergique de Mme Durival a vite conquis l'ancien jésuite; il existe bientôt entre eux une ardente sympathie.
«Lorsque je suis avec vous, lui écrit-il, je crois n'avoir que vingt ans. Le mouvement de vos idées se communique aux miennes et la vivacité de votre âme me rend vivant comme elle.»
Mme Durival, qui connaît la nature inflammable de son ami, entend dès le début se mettre à l'abri d'obsessions qui lui seraient odieuses, car elle repousse énergiquement tout ce qui de près ou de loin peut ressembler à l'amour. Elle le signifie très nettement à Cerutti qui s'incline devant une irrévocable décision: «J'accepte de bon cœur la franche amitié, lui répond-il, c'est un bien très rare et fait pour vous et pour moi qui sentons également le prix de la vérité et le vide de tout le reste.»
Cerutti est si heureux de ses nouveaux amis, qu'il écrit à Mme Durival: «Je donnerais tout Paris pour vous et le monde entier pour Panpan.»