«Nancy, avril.

«En vous relisant, mon bon Veau, je trouve que je me suis réjouie et que je vous ai remercié à trop bon marché, même pour rien du tout. Je savais déjà que vous viendriez un jour, et comme en faisant semblant de me dire quelque chose, vous ne me dites pas quand, c'est tout comme si vous ne disiez rien. Seulement vous me donnez le droit de vous demander ce quand, qui est le mot important.

«On dit que nous n'aurons Henri que pour la semaine de la Passion; cela ne me plaît guère, (De la main de Mme de Boisgelin.) mais si cela me procure le plaisir de voir mon Veau une heure plus tôt, je le préfererai à Clairval.

(Mme de Boisgelin écrit de son chef:)

«Bonjour, Veau; je t'avertis que tu m'ennuies encore plus de loin que de près. La Biche dit qu'elle te grondera si tu ne viens pas bientôt.

(De la main de Mme de Boufflers.)

«Tu crois donc qu'on fait du cochon secrétaire ce qu'on veut? c'est là chose impossible[ [93]

Puis survient une discussion très grave, la première peut-être entre Mme de Boufflers et son vieil ami; elle se termine par un raccommodement, mais la marquise en garde un sentiment de tristesse et elle ne le peut cacher.

«Nancy, lundi 24 mai.

«Ce mot éteint toute ma colère, mais mon chagrin ne diminuera jamais, et toutes vos raisons me paraissent si mauvaises qu'il faut bien de la patience pour les écouter; au moins permettez-moi de croire que celles qui me regardent sont de la dernière fausseté. Les autres ont été cent fois réfutées.