Ces voyages à Paris, qui aident Mme de Boufflers à prendre la province en patience, se renouvellent assez fréquemment et toujours dans les mêmes conditions. Au printemps de 1773, la marquise est encore dans la capitale avec sa fille; elle écrit naturellement à son cher Panpan pour le mettre au courant des nouvelles du jour; mais elle est très occupée, c'est Mme de Boisgelin qui de temps en temps prend la plume et même parle pour son compte:

Mme de Boufflers à M. de Vaux, brailleur du feu roi de Pologne, à Lunéville.

(L'adresse est de la main de Mme de Boisgelin).

Lundi.

«Hé Ventretin, je ne vous demande pas de vos nouvelles, parce que je crains de diminuer l'espérance que je veux conserver de vous voir arriver d'un moment à l'autre. Vous trouvez peut-être que cela est trop délicat pour être entendu, je vais donc vous le faire entendre. Le président Montesquieu, qui avait beaucoup vécu avec Mme de Caylus,

(De la main de Mme de Boisgelin.)

lui avait entendu dire que les femmes de la société de Mme de Maintenon, qui restaient chez elle le soir avec le roi jusqu'à minuit, s'y ennuyaient tellement qu'elles retournaient leurs montres, crainte de voir le temps qu'elles avaient encore à s'ennuyer.

«Maman est désolée de votre état, elle en est bien plus fâchée que vous, parce qu'elle en souffre plus que vous.

«Mme de Bellegarde a la bêtise de t'aimer à la folie.

«Adieu, vieux fou.