«Maman a trouvé la confiture excellente, beau Veau, et moi je trouve que Mlle Marianne ne devrait payer que de sa personne le plaisir que j'ai eu de la voir.
«Malgré les invitations de Mme de Brancas, Mme Durival n'a pas voulu aller à Fléville.»
Pendant l'hiver de 1779, Mme de Boufflers est encore à Nancy. Elle a fait des économies et elle peut, à sa grande satisfaction, rembourser à Mme Durival une dette qu'elle a contractée vis-à-vis d'elle, de compte à demi avec Panpan. Elle raconte à son ami la joie qu'elle éprouve à pouvoir enfin se libérer et elle lui promet bien qu'elle ne recommencera jamais pareille aventure:
«2 janvier 1779.
«Tenez, mon bon cœur de Veau, je vais répondre à tout jusqu'à ce que Mme de Lenoncourt vienne ici pour que je la mène chez notre Durival, qui a fait hier une apparition ici, et à qui je n'ai pas dit un mot des 20 louis, mais je vais les lui porter. Vous ne sauriez croire la joie que j'ai de n'avoir plus de dettes. Je me promets bien et à mon meilleur ami que cela n'arrivera plus. Ne croyez pas que j'irai présenter à ma Durival notre argent tout sec; je compte bien l'accompagner de tous nos sentiments de tendresse, d'estime, promesse, serment, parole d'honneur, etc., enfin de tout ce que vous diriez vous-même pour lui plaire. Voilà donc une affaire finie.
«Mme d'Hénin[ [139] est aussi à la Reine, et puisqu'elle
veut bien s'en mêler, ainsi que Mme de Poix, je crois qu'il faut les laisser faire.
«Je ne sais ce que c'est que l'histoire du bulletin. Ce que je sais bien, c'est que M. de Beauvau ne pue pas, qu'il n'est guères dans la chambre du Roi, et que s'il avait pué dans cette chambre, le Roi en serait plutôt sorti lui-même que d'en faire sortir tout le monde. Au reste le prince a peut-être fait chez le Roi comme Mme du Deffant chez Mme de la Vallière.
«Ne m'envoyez plus de dattes, parce qu'il en arrive de Marseille...
«Les sixains et quatrains sont charmants. Je vais relire tout cela à Mme Durival, car je lis mieux qu'elle.