«J'étais sûrement bien fâchée de vous voir partir pour des siècles, mon bon Veau, et je le suis encore, mais puisque votre absence est un chagrin inévitable pour moi, il sera plus raisonnable désormais de le souffrir sans m'en plaindre.
«J'ai laissé avant-hier Mme de Beauvau entre MM. Cerutti et Saint-Martin, et je suis venue ici avec la pauvre veuve, qui ne retournera à Fléville que vers la fin de la semaine.
«J'y vais tout à l'heure avec Mme Philips qui me mène. Son mari est presque bien. Je reviendrai ici lundi; je tâcherai de finir votre logement.
«Toutes mes caisses, il y en a six, sont arrivées à bon port.
«Mon Dumast est arrivé une heure après moi, avec tant d'empressement et d'amitié pour moi que j'ai bien regretté de lui avoir enlevé la lanterne.
«J'ai fait connaissance avec l'intendante, qui me paraît aimable et bien gaie, quoique bien malade, car elle tousse continuellement; j'y soupe lundi[ [138].
«Adieu, charmant Veau.»
(De la main de Mme de Boisgelin.)
«Ma pauvre Thérèse a la colique tous les matins, cela m'afflige beaucoup.
(Mme de Boisgelin termine en son nom personnel.)