«16 mars 1779.
«Je vous vois toujours environné de tristesse et cela m'attriste aussi. Mais que faire, attendre que l'éponge du temps emporte tout cela...
«Nous avons dîné dimanche chez le petit abbé, toujours plus aimable. Le salon ne sera pas beau, et le reste n'avance pas.
«Vous a-t-on mandé: Que M. Necker a mis sa démission avec ses motifs sur la table du Roi, et que le Roi et M. de Maurepas n'ont pas voulu la recevoir; que la mort du cardinal de Rohan n'a point affligé le cardinal neveu[ [141]; que Mlle d'Éon est exilée à Tonnerre[ [142].
«Le neveu de l'abbé Porquet est enfin placé comme chirurgien-major du régiment de M. de Pouilly.
«On dit que le Roi a donné une pension considérable à Linguet, qui est actuellement à Paris[ [143], et qui était à Paris le jour de la réception de Ducis[ [144].
Au mois de juin, la marquise, qui vient d'être assez souffrante, se décide à aller passer quelques jours à Fléville, mais elle est à peine convalescente. Va-t-on appeler un médecin? Point du tout. La duchesse, bien inspirée, s'empresse de convoquer Panpan, persuadée que la présence du Veau sera pour son amie le meilleur remède.
«Mardi.
«M. de Vaux aura su sans doute que Mme de Boufflers a été incommodée plusieurs jours. Elle est mieux et pour achever de se rétablir elle vient passer quelques jours à Fléville. Comme je ne doute pas que M. de Vaux ne soit empressé de contribuer au rétablissement de ses amis, je lui envoie ce soir mon carrosse. Il aura le temps de faire ses paquets et ses adieux cette nuit. Il n'oubliera pas sa tête à perruque parce qu'il n'y en a point ici. Il y a douze feuilles nouvelles qui l'attendent, sans compter les journaux et demain pour son dîner il aura une carpe superbe avec du vin de Bourgogne, de Barsac, de Catilion, de Viviselpe, de Lunel, de Cerise, etc., etc., etc.[ [145].»