«J'irai samedi dîner chez M. de Praslin. Je courrai toute la journée et je dînerai dimanche chez Mme de la Reynière. Nous verrons s'il y aura quelque moyen de nous voir.
«M. de Beauvau est toujours un peu mieux.
«Voilà le cinquième jour passé!»
Il y aurait mauvaise grâce cependant à méconnaître plus longtemps une si persistante amabilité. Panpan se décide donc à accepter un dîner au Val et à partir pour Saint-Germain; il y est reçu à bras ouverts, il est accablé de politesses, de compliments auxquels il répond de son mieux: Mme de Boufflers, qui jouit du succès de son Veau, s'ingénie de toutes façons à le faire valoir et elle y réussit parfaitement: Panpan est fort apprécié de tous.
La rencontre avec Saint-Lambert, qui inspirait des inquiétudes, se passe à merveille; le prince de Beauvau et la marquise y assistent et leur présence met entre les deux ennemis le liant nécessaire; en quelques minutes tous les souvenirs d'une fâcheuse querelle sont à peu près effacés.
La journée se passe délicieusement, si bien que les Beauvau souhaiteraient garder pendant quelques jours l'aimable lecteur, et Mme de Boufflers se fait l'interprète de leurs désirs; mais Panpan, quelques instances qu'on lui fasse, n'entend pas se laisser détourner des plaisirs de la capitale, et le soir même il rentre à Paris.
Au bout de peu de jours la grave indisposition qui avait tant alarmé la famille de M. de Beauvau était en pleine voie de guérison et le prince pouvait reprendre son existence ordinaire.
A partir de ce moment Mme de Boufflers mène une vie délicieuse; elle est rassurée sur l'état de son frère et elle peut sans arrière-pensée se consacrer aux plaisirs de la société. Elle n'a même pas besoin de quitter le Val, elle y voit défiler tout Paris, tous ses amis, tous les gens qu'elle aime. Mme de Beauvau tient table ouverte et l'on rencontre dans son salon l'élite de la noblesse et des gens de lettres.
Si elle est très absorbée par la vie mondaine, Mme de Boufflers, cependant, n'oublie pas ses amies de Lorraine, et surtout la chère, la «céleste» Durival. Elle lui écrit le 30 juillet:
«Au Val, 30 juillet.