«Août 1780.
«Mandez-moi ce que fait cette aimable maréchale. Je voudrais la voir et je voudrais aller à la Comédie-Française. Mandez-moi quelque chose. Comment te portes-tu? Si cette maréchale n'était pas ici, je te proposerais de dîner ensemble[ [151].»
«Août.
«Encore une proposition, mon Veau, quoique vous n'ayez pas répondu à la première. Mme de Grammont vous prie à dîner demain lundi avec MM. du Châtelet et de Liancourt. Elle vous donnera une loge à la Comédie-Française et une à l'Italienne. J'aurai l'honneur de vous y suivre.»
Grisé par les plaisirs de la capitale, Panpan ne songeait guère à ses amis de Lorraine. Il recevait d'eux cependant de fréquentes nouvelles et Mme de Lenoncourt en particulier, qui s'était réfugiée à Fléville pour tromper les longueurs de l'absence, lui racontait volontiers la vie du château.
«Fléville, le 21.
«Votre Durival, qui fait nos délices, vous aime et vous embrasse plus fort que moi, mais pas plus tendrement. Elle court le matin, malgré la chaleur, et ce n'est que quand elle est excédée que nous en jouissons. L'après-dîner elle lit et cause tant que nous voulons; le soir elle joue et veille plus qu'elle ne veut, mais si gaiement qu'il faut l'aimer tous les jours davantage. Mme de Brancas, M. Cerutti, l'abbé Quénard parlent tous ensemble pour m'engager à vous parler d'eux séparément; ils vous regrettent et vous désirent, et se réjouissent cependant de vos plaisirs présents et à venir. Je suis bien aussi généreuse qu'eux, mais je voudrais que rien ne prolonge votre voyage. Nancy n'a ni vie ni mouvement quand Mme de Boufflers n'y est pas, et je me sens dans un abandon que je ne peux pas supporter plus d'un mois.»
Cependant on se désolait à Fléville de l'éloignement prolongée de Panpan; on trouvait qu'il abusait vraiment du droit d'accompagner Mme de Boufflers. Un beau jour les hôtes du château n'y tiennent plus et chacun écrit à l'ingrat ce qu'il pense de son absence.
C'est Mme de Lenoncourt qui débute; elle se défend tout d'abord d'une plaisanterie innocente dont Panpan a montré quelque mauvaise humeur: