«Je compte que l'argent de mes rentes viagères et pensions qui pourront m'être dues, lors de mon décès, joint à la vente des effets dont je n'aurai pas disposé, seront suffisants pour acquitter les legs que je fais à mes gens, et s'il y a du surplus, je veux qu'il soit distribué entre Mme Petitdemange et Mlle Saint-Léger, les deux tiers pour Mme Petitdemange et l'autre tiers pour Mlle Saint-Léger, après toutefois le payement de mes dettes.

«Je lègue à Firmin, ancien valet de chambre, la somme de huit cents livres.

«Je lègue à Royer, ancien domestique, demeurant à Metz, la somme de huit cents livres.

«Nancy, le huit juillet mil sept cent quatre-vingt-quatre.

Beauvau Boufflers[ [183]

La mort presque subite de la vieille marquise causa une véritable consternation parmi tous ses amis. Cerutti se faisait l'interprète des regrets unanimes qu'elle laissait après elle quand il écrivait à Mme Durival:

«Choisy-le-Roi, 17 juillet 1786.

«Vous venez de faire une perte, madame, que rien ne peut remplacer. Quelque bonne philosophe que vous soyez, vous êtes encore meilleure amie. Je vous plains et je partage vivement votre juste douleur.

«Je me souviens avec attendrissement des jours que nous avons passés, vous et moi, à Fléville, avec Mme de Boufflers. Le monde n'avait pas une femme qui eût un esprit plus naturel, et la campagne, en rendant cet esprit plus calme, y ajoutait un charme nouveau. Les regrets que je donne à sa mémoire ne sont rien au prix de ceux qu'elle obtiendra de ses amis intimes. Hélas! qui consolera le pauvre Panpan? A son âge, perdre son plus doux appui! Je ne vois que vous, madame, qui puissiez mêler quelque adoucissement à ses larmes et à sa désolation... Mme la duchesse de Grammont m'a chargé de dire et redire à l'aimable et malheureux Veau toute la part qu'elle prend à son infortune!»