Voici ses dernières volontés:
«Au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit.
«Je lègue à l'hôpital des Enfants trouvés la somme de cent écus, argent de France, une fois payée.
«Je prie le chevalier de Boufflers, mon fils, d'être mon exécuteur testamentaire, et je lui lègue la somme qu'il pourra me devoir à mon décès pour la partager avec Mme de Boisgelin.
«Je laisse à chacun de mes gens la somme de mille livres, argent de France, c'est-à-dire: mille livres à Périn, l'aîné, mon valet de chambre; mille livres à François; mille livres au petit Périn; mille livres à Mager; mille livres à Saint-Jean; mille livres à André; rien à Courier; mille livres à Babet; quatre cents livres à Catherine; cent cinquante livres à Marianne, qui balaye devant la porte.
«Je lègue à Mme Petitdemange un lit de damas jaune avec les fauteuils pareils, quatre matelas de maîtres, et autant de domestiques, le traversin et l'oreiller de mon lit, quatre autres traversins, dix paires de draps, dont deux paires des plus grands et huit de domestiques, et ce qu'elle voudra de mes chemises; douze douzaines de serviettes, et huit nappes à son choix, huit robes à son choix, et tout ce qui lui conviendra dans les dentelles, blondes, gazes, rubans et tout autres espèces de parures de femme, excepté une garniture de Valenciennes et des morceaux de satin non brodés, que je compte faire achever pour en faire une robe à Mme de Boisgelin; tout ce que j'ai de meubles à la Malgrange, dans l'une et dans l'autre maison, tous les draps, serviettes et nappes dont je n'aurai pas disposé.
«Je laisse à Mme Petitdemange six douzaines d'assiettes et douze plats de porcelaine, quatre salières, deux saucières, deux pots à soupe, le tout aux armes de Boufflers; et s'il ne s'en trouvait pas assez, on y suppléerait par de la porcelaine blanche; elle choisira dans la faïence ce qui lui conviendra, ainsi que dans les tasses de porcelaine jusqu'au nombre de six; elle prendra aussi dans la batterie de cuisine ce qui lui conviendra; j'entends enfin qu'elle choisisse chez moi tout ce qu'il faut pour monter son ménage.
«Je lègue à Mme Saint-Léger, ma femme de chambre, tout le linge à mon usage et tous mes habits dont je n'ai pas disposé, quatre douzaines d'assiettes, une douzaine de plats, six tasses de porcelaine blanche, six douzaines de serviettes, ce qu'elle voudra dans la batterie de cuisine, tout ce qui restera de dentelles, blondes et tout autres parures, après les autres legs acquittés; elle donnera huit robes, des moindres, à son choix, de différentes saisons, à Bichette et ce qu'elle jugera à propos de linge, tant de corps que de table; je laisse à Mlle Saint-Léger les meubles qui se trouveront dans les trois chambres qu'elle occupe.
«Je laisse à M. le maréchal de Beauvau, mon frère, les vingt-deux mille quatre cent quarante-une livres trois sols six deniers que le Roi reconnaît me devoir et dont je lui ai remis le brevet; j'espère qu'il voudra bien en presser le recouvrement; je le prie d'en faire l'usage dont nous sommes convenus.
«Je laisse à M. Devaux, mon cabriolet et cinquante volumes à choisir dans mes livres; j'en laisse cent au chevalier de Boufflers, à son choix; autant à Mme de Boisgelin, et le reste à Mme Petitdemange, qui en donnera trente volumes à Mlle Saint-Léger.