Peut-être que le Temps ne sera point vainqueur,

De ce Temps sous qui tout succombe.

Peut-être pourrai-je braver sa dure loi

Si ce qui peut rester de moi

Pouvait avoir l'honneur de partager sa tombe[ [203].

Le 11 avril 1796, Panpan s'éteignit obscurément à Lunéville, dans sa petite maison de la rue d'Allemagne. Il était âgé de quatre-vingt-quatre ans.

La même année succombait à Paris son vieil et très cher ami l'abbé Porquet.

Qu'était-il advenu du galant abbé, depuis que nous l'avons vu en aimable compagnie courir les lieux de plaisir de la capitale? Il avait continué à vivre paisiblement dans une société choisie, fréquentant les gens de lettres et écrivant pour l'Almanach des Muses et les Étrennes des pièces de vers qu'il signait modestement: le petit vieillard.

On le rencontrait chaque jour aux Tuileries ou aux Champs-Élysées; il se promenait toujours dans les mêmes allées, marchant d'un pas paisible, en compagnie d'une dame, qui avait des bontés pour lui, et qui ne le quittait presque jamais. Il était toujours d'une extrême recherche dans sa tenue et il affectait même une véritable coquetterie.

Il jouissait d'un revenu modeste mais qui suffisait à ses besoins.