«Trouvez-vous joli que je reçoive tout à l'heure votre lettre du 1er? Voilà pourtant ce que font les précautions.
«Mais voilà M. de Lanière qui part et dans un vis-à-vis tout seul; cela fait venir l'eau à la bouche. Mais il y a toujours quelque chose qui s'oppose au bonheur. C'est l'arrivée du prince de Beauvau, d'un côté, et la présence du chevalier de Boufflers, de l'autre.
«Voilà toutes nos petites bêtises. Mon cher cœur verra bien que ce n'est que pour entretenir commerce.
«J'ai pensé que le trou-madame vous amuserait quelquefois. J'en voulais un joli, mais il n'y en a point de fait, et puis les occasions manquent.
«Voilà quatre pauvre louis, dont vous en remettrez un à Fustenai, pour M. Otenin. Il faut qu'elle paie son pain et ce qu'il y aura de plus pressé pour lui. C'est Thérèse qui l'a gagné au vingt-et-un, et qui a imaginé de le donner à son père en le faisant passer par Fustenai pour qu'il n'en fasse pas un mauvais usage. Il y en a deux pour les étrennes de Fustenai, à qui vous souhaiterez la bonne année de ma part. Vous voudrez bien ensuite partager l'autre entre Marianne et Parisot. Cela est infime, mais c'est que je n'en avais pas un de plus quand M. de Lanière est parti.
«On dit des merveilles de l'abbé Terray, et même qu'il paiera[ [46].
«Le trictrac va fort bien, mais je joue peu. Depuis Mme du Deffant je vois jouer au trente et quarante sans aucune tentation. Enfin, je ne joue qu'au vingt-et-un et très modérément, et aux six livres au trictrac.
«Ce Latran, qui est bien plus au fait des banqueroutes que moi, vous les mande sans doute. Je sais seulement celle du trésorier de M. le prince de Conti; cela l'empêchera de donner à souper les lundi, et, par conséquent plus de Pharaon, ce qui ne me fait rien du tout.
«Il est bien sûr, mon Veau, que je ne passe pas un jour sans penser à vous et sans avoir le projet de vous le dire.
«Il faut que Fustenai fasse faire quatre paires de manchettes de mousseline brodée pour des laquais, qui soient très honnêtes, parce que ceux de Paris les portent plus hautes que ceux de Lorraine.