Voltaire, toujours prodigue de compliments excessifs, pour les littérateurs de second ordre, écrivait à l'auteur, non sans sourire assurément: «Soyez persuadé que vos Saisons sont le seul ouvrage de notre siècle qui passera à la postérité.»
Soutenu par le prince de Beauvau et par tous ses amis, l'ouvrage ne fut pas moins bien accueilli dans la société que par les encyclopédistes.
En dehors de leurs relations d'amitié, les Beauvau avaient les meilleures raisons du monde pour défendre l'auteur. Saint-Lambert n'avait-il pas eu l'habileté de terminer le troisième chant de son poème par cet hommage à l'amitié:
Oui, je verrai, Beauvau, ta gloire et ton bonheur,
J'entendrai célébrer ta vertu bienfaisante,
Ton âme toujours pure et toujours indulgente,
Ta valeur, ta raison, ta noble fermeté,
Ton cœur, ami de l'ordre, et juste avec bonté.
Je verrai la compagne à tes destins unie,
Embellir ton bonheur, seconder ton génie,