Les Observations critiques allaient paraître. Saint-Lambert remua ciel et terre pour en obtenir la suppression[ [57].
Mme de Boufflers écrivait à ce propos à son ami Panpan:
«Paris, ce 25 octobre.
«Je viens de lire une critique imprimée des Saisons qui met Saint-Lambert au désespoir. J'aurais bien voulu pouvoir vous l'envoyer, mais il a engagé Mme de Beauvau a en empêcher le débit, ce qui ne me paraît pas d'une justice exacte, car, quoiqu'elle soit sanglante et charmante, il n'y a pas de personnalité.
«On dit qu'elle est d'un M. Clément, qui a infiniment d'esprit. Pour moi, je l'aurais crue de Palissot. Cependant je vis hier une lettre de ce Clément à Saint-Lambert, dans laquelle il se plaint du procédé violent du poète, et il ne manque pas de dire qu'il est plus aisé et plus commode de supprimer que de répondre.
«Il se plaint aussi de ce que Saint-Lambert a écrit à M. de Sartines que lui, Clément, avait été professeur de je ne sais quoi à Dijon et qu'il en avait été chassé; il lui demande une entrevue chez M. de Sartines, où il s'engage à lui prouver le contraire. Tout cela dans des termes violents.
«Je crois que Saint-Lambert, quoiqu'il affecte du mépris, est au désespoir. C'est la maréchale de Luxembourg qui a eu un exemplaire de cet ouvrage, et de la lettre, qui me les a fait voir, sans vouloir me les prêter, ni à personne, à cause de Mme de Beauvau.»
Le poète, de plus en plus irrité et abusant de son crédit, obtint, par l'influence du prince de Beauvau, que son audacieux critique serait envoyé au Fort-l'Évêque. C'était se montrer bien sensible; dans tous les cas, le procédé ne manquait pas d'être assez piquant pour un philosophe.
Clément occupa ses loisirs au Fort-l'Évêque à composer cette épigramme: