Vendredi 27 janvier.—Le général Chanzy s'apprête à une attaque énergique. Nous recevons le télégramme suivant qui nous tire de nos cauchemars:
«Général Chanzy à Tissandier, aérostier, à Rennes.
«Prière venir ici de suite avec tous les ballons; vous vous entendrez avec l'amiral pour observer les mouvements ennemis sur la rive gauche en avant de Laval.»
VII
Les ballons captifs à Laval.—Ascensions quotidiennes.—L'armistice.—Nantes.—Bordeaux. —L'Assemblée nationale.—Paris!—Vides dans les rangs.
Du 28 janvier au 17 février 1871.
A peine arrivés à Laval, nous allons en toute hâte au quartier du général Chanzy. Le commandant en chef de la deuxième armée nous félicite sur notre exactitude. Les hostilités vont reprendre plus énergiques et plus actives que jamais, il est nécessaire de gonfler de suite trois ballons. Il y en a un d'entre eux qui restera à Laval sous les ordres du général Colomb, les deux autres seront mis à la disposition de l'amiral Jaureguiberry.
Dimanche 29 janvier.—Pas une minute n'a été perdue, le préfet, le directeur de l'usine à gaz ont tout fait pour activer nos opérations. A trois heures de l'après-midi, le ballon la Ville de Langres, tout arrimé, tout gonflé est prêt à monter dans l'atmosphère.
Il fait un temps magnifique, notre sphère de soie immobile ressemble de loin à une grosse toupie qui ronfle. A quatre heures elle va s'envoler au bout de ses cordes.
Trois ascensions consécutives s'exécutent dans les meilleures conditions, nos marins sont maintenant initiés à la manoeuvre qui s'opère avec la plus remarquable précision.