[57] Généal. ms. 2.

[58] Histoire de Bretagne, par Dom Lobineau, Paris, in fol., I, 1706, p. 588.

[59] Dom Lobineau, Preuves, col. 1018 ; Dom Morice, Preuves, II, col. 1232-3.

[60] Collection Michaud et Poujoulat, 1re série, III, 226.

Il est aussi bien à croire que c’est lui qui a fait écrire par quelque clerc le roman de chevalerie de Ponthus, fils du roi de Galice, et de la belle Sidoine, fille du roy de Bretaigne, souvent réimprimé ; c’étoit un moyen de populariser l’illustration de la famille et d’en faire reculer très loin l’ancienneté, — Bourdigné, comme on l’a vu, s’y est laissé prendre, — que de la mettre au milieu d’une action à la fois romanesque et à demi historique. Les La Tour Landry ont voulu avoir aussi leur roman, comme les Lusignan avoient Mélusine. Nous n’avons pas à entrer dans le détail de ce très pauvre roman, qui se passe en Galice, en Bretagne et en Angleterre, ni à suivre les péripéties des amours de Ponthus et de Sidoine, traversées par les fourberies du traître Guennelet et enfin couronnées par un mariage. Ce qu’il nous importe de signaler c’est la certitude de l’origine de ce roman. Le héros de l’histoire porte le nom fort particulier d’un des membres de la famille, et, parmi ses compagnons, se voit toujours au premier rang Landry de La Tour. Tous les noms propres sont de ce côté de la France ; ce sont : Geoffroy de Lusignan, le sire de Laval, d’Oucelles et de Sillié, Guillaume et Benard de la Roche, le sire de Doé, Girard de Chasteau-Gaultier, Jean Molevrier. Les quelques noms de localités françoises concourent aussi à la même preuve : c’est à Vannes que se fait le grand tournois, et, quand l’armée se réunit, c’est à la tour d’Orbondelle, près de Tallemont ; or Talmont est un bourg de Vendée (Poitou) situé à 13 kil. des Sables. Un passage donneroit peut-être la date exacte de la composition du roman, c’est lorsque, pour réunir une armée contre les Sarrasins, on écrit à la comtesse d’Anjou : car, dit le romancier, le comte étoit mort et son fils n’avoit que dix ans. Mais c’est trop long-temps m’arrêter à ce livre, qu’il étoit pourtant nécessaire de signaler[61].

[61] Pour les nombreuses éditions, et les traductions en anglois et en allemand du roman de Ponthus, voyez l’excellent article de M. Brunet, III, 812-4.

L’on ne connoît que deux enfants de Ponthus, Blanche et Louis Ier du nom. Blanche épousa Guillaume d’Avaugour, seigneur de La Roche Mabile, de Grefneuville et de Mesnil Raoulet, bailly de Touraine, veuf de Marie de Coullietes, femme en premières noces de Gilles Quatrebarbes[62]. On donne ordinairement cette Blanche comme fille de Louis 2e du nom[63] ; mais la remarque de d’Hozier[64] est formelle sur ce point : « Bien que les mémoires de la maison de La Tour Landry remarquent icelle Blanche de La Tour estre issue de Louis et de Jeanne Quatrebarbes ; néanmoins tous les tiltres que j’ay me persuadent le contraire, et particulièrement l’arrest, sur requeste, du Parlement de Paris, que ladite Jeanne Quatrebarbes, demeurée veufve, obtint, le dernier jour de décembre 1453, contre Blanche de La Tour, aussy veufve, où il est porté en termes exprès qu’elle estoit sœur de feu Louis de La Tour, mary de Jeanne Quatrebarbes. » Quant à Louis de La Tour, chevalier, baron dudit lieu et du Boulloir, seigneur de Bourmont, la Gallonnère, de la Cornouaille, de Clervaux, Rue d’Indre et Dreux le Pallateau, il épousa en 1430 Jeanne Quatrebarbes, dame de La Touche Quatrebarbes, etc., fille de Gilles Quatrebarbes et de Marie de Coullietes[65]. Louis étoit mort avant 1453, et, le 22 juin 1455, sa veuve, en présence de son fils Christophe, ratifie un acte fait le 6 juin précédent par son procureur et le procureur de Blanche de la Tour, veuve de Guillaume d’Avaugour[66]. En 1458 elle fit son testament, et nomma pour ses exécuteurs testamentaires René, Christophe et Louis, ses enfants[67].

[62] Généal. ms. 1. — Avaugour, d’argent au chef de gueules.

[63] Généal. ms. 2. — Le Laboureur, p. 80.

[64] Généal. ms. 1.