[6] Généal. ms. 1.

[7] Dom Lobineau, Histoire, I, 215 ; Preuves, col. 377 ; et Dom Morice, Histoire, I. 1750, p. 150 ; et Preuves, I, col. 847.

[8] Généal. ms. 1.

[9] Dom Lobineau, Histoire, I, 272 ; Preuves, col. 426 ; — et Dom Morice, Histoire, I, p. 206 ; et Preuves, I, col. 1039.

C’est ici seulement que nous arrivons à une filiation reconnue ; les deux généalogies manuscrites donnant pour père à notre auteur un Geoffroy, il faut croire que c’est lui dont il s’agit dans une reconnoissance du nombre des chevaliers, écuyers et archers que les seigneurs de Bretagne doivent à l’ost du duc, faite par eux à Ploermel le jeudi après la mi-août 1294, où l’on trouve cet article parmi ceux compris sous le chef de la Baillie de Nantes : « Monseur Geuffroy de La Tour e Guillaume Botereau e Mathé de la Celle recongneurent qu’ils devoient un chevalier d’ost, c’est assavoir le tiers d’un chevalier, par la raison de leur fiez dou Lorous Botereau.[10] » Ce Geoffroy est donné comme seigneur de La Tour Landry, de Bourmont, de la Galonière, du Loroux-Bottereau, de la Cornouaille, et comme ayant été présent en 1302, « le jeudy après la Saint-Nicolas d’esté », au mariage de Jean de Savonnières. C’est à lui aussi que se doit rapporter ce fait, consigné dans Bourdigné[11], qu’en 1336, un Geoffroy de La Tour Landry étoit au nombre de ceux qui suivirent le comte d’Anjou dans sa guerre avec les Anglois et s’y conduisirent avec le plus de courage. Notre auteur parle deux fois de son père[12], mais malheureusement sans autrement le dénommer, et par conséquent sans apporter à l’assertion, très acceptable d’ailleurs, des généalogies, l’autorité irrécusable de son témoignage de fils. On a vu que je n’ai pas osé attribuer à ce Geoffroy la mention d’un Geoffroy en 1276. C’est par la considération que de 1276 à 1336 il y a soixante ans, et qu’en ajoutant les années nécessaires pour être partie dans un acte aussi important que celui de la première date, on auroit un âge de bien plus de 80 ans, acceptable en soi, mais dans lequel il est peu ordinaire de se distinguer par des exploits guerriers. Il faudroit, de plus, qu’il eût eu tout à fait dans sa vieillesse notre auteur, qui, comme on le verra, n’étoit pas le dernier de ses enfants, et n’est pas mort avant la fin du quatorzième siècle.

[10] Dom Lobineau. Hist., I, p. 282 ; Preuves, col. 438 ; — et Dom Morice, Preuves, col. 1112.

[11] Hystoire agrégative des annales et croniques d’Anjou, par Jehan de Bourdigné, 1529, in-fol., goth., f. cviij ro.

[12] Pages 27 et 227 de cette édition.

Je ne puis donner le nom de la femme du père de notre auteur ; mais je dois au moins faire ici un rapprochement. Dans son livre, il parle, à un endroit[13], de sa tante, Mme de Languillier, « dont le seigneur avoit bien mil vc livres de rente » ; puisqu’elle étoit sa tante, elle pouvoit être la sœur de sa mère, ce qui ne nous paroît pas donner son nom. Il faudroit pour cela que M. de Languillier fût son frère ; mais, à voir la façon dont notre chevalier loue la douceur de la femme et parle du mari comme étant « à merveille luxurieux », j’avoue avoir peine à croire qu’il eût cité cet exemple, si celui qu’il blâme eût été, non pas le beau-frère, c’est-à-dire un étranger, mais le propre frère de sa mère ; si, au contraire, celle-ci est la sœur de la femme si digne d’être un modèle d’affection et de bon sens, le choix est très naturel[14]. Mais, je le répète, cette conclusion, que je crois la plus probable, ne nous donne pas le nom de la mère de notre Geoffroy.

[13] [Chap. 18, p. 37].