[14] J’ajouterai que ce nom de Languillier est encore un nom de ces provinces : car je trouve dans le Père Anselme, II, 453 A, au commencement du xvie siècle, il est vrai, mais je ne prends le nom qu’au point de vue topographique, un Guy de Sainte-Flaive, seigneur de Sainte-Flaive en Poitou et des baronies de Cigournay, Chatonay, le Puy-Billiard et Languillier.

En tout cas, celui-ci ne fut pas le seul enfant : car la généalogie manuscrite place comme second fils un Arquade de Rougé, en nous apprenant, de plus, qu’il épousa Anne de la Haye Passavant[15], fille de Briand de la Haye et de Mahaud de Rougé, sœur aînée de Jeanne de Rougé, et toutes deux filles de Bonnabes de Rougé. Ceci est pour nous très curieux ; car, — comme on verra que notre Geoffroy épousa cette Jeanne de Rougé, sœur cadette de Mahaud, — Anne de la Haye, fille de Mahaud de Rougé, sœur aînée de Jeanne, se trouvoit, en épousant Arquade, avoir sa tante pour belle-sœur. On pourroit en inférer aussi que, les deux belles-sœurs étant sans doute à la distance d’une génération, Arquade étoit beaucoup plus jeune que Geoffroy, son frère aîné.

[15] Elle portoit d’or, à deux fasces de gueules, à l’orle de merlettes, posées 4 en chef, 2 en fasce et 3 en pointe. — Généal. mss.

La mention la plus ancienne que nous trouvions de notre auteur nous est donnée par lui-même. Il raconte dans son livre la conduite des seigneurs qui se trouvoient avec le duc de Normandie, depuis le roi Jean, au siége d’Aguillon, petite ville d’Agenois, située au confluent du Lot et de la Garonne. Comme Froissart[16] a parlé longuement de ce siége, qui, commencé après Pâques de l’année 1346, cette année le 16 avril, fut levé au plus tard le 22 août[17], il en faut conclure que notre Geoffroy, qui en parle comme un témoin, étoit déjà en état de porter les armes. Nous sommes après cela long-temps sans le rencontrer. Au premier abord, on seroit disposé à le retrouver en 1356 dans le sire de La Tour que Froissart[18], et que le prince Noir dans sa lettre à l’évêque de Worcester sur la bataille de Poitiers[19], mettent au nombre des prisonniers faits par les Anglois ; mais comme Froissart, dans son énumération des seigneurs présents à la bataille, qu’il donne un peu avant[20], met un sire de La Tour parmi les nobles d’Auvergne, il est probable que c’est de celui-là qu’il s’agit[21], et non pas du nôtre, qu’il auroit certainement mis parmi les nobles de Poitou. Mais c’est bien lui qui figure le 13 juin 1363 dans « la monstre de M. Mauvinet, chevalier, et des gens de sa compagnie, sous le gouvernement Monsieur Amaury, comte de Craon, lieutenant du roy ès pays de Touraine, Anjou et Poitou. » On y trouve le nom : « Monsieur Gieffroy de La Tour », suivi de la mention relative à l’objet de la montre : « cheval brun ; ix escus[22] ».

[16] Ed. Buchon, t. I, liv. i, part. Ire, p. 212-63.

[17] Histoire du Languedoc de Dom Vic et de Dom Vaissette, livre xxxj, § 18 à 22 ; éd. in-fol., t. IV, p. 259-62 ; éd. in-8o, t. VII, p. 161-3.

[18] Froissart, éd. Buchon, liv. i, part. ij, chap. xlij, tome I, p. 351.

[19] Archæologia Britannica, in-4o, I, p. 213 ; et Buchon, I, 355, à la note. — Le prince de Galles le met parmi les bannerets ; et c’étoit aussi le titre du nôtre, ce qui rendroit l’erreur encore plus facile.

[20] Froissart, Ibid., ch. xl, p. 350.

[21] C’est de lui encore qu’il est question dans le grand poème de Bertrand Du Guesclin, par Cuveliers, comme étant l’un de ceux qui se joignent au duc de Berry (1372) pour aller faire le siége de Sainte-Sevère,