En 1378, Geoffroy envoya des hommes au siége de Cherbourg ; mais il n’y fut pas lui-même, car, dans l’acte du « prêt fait à des hommes d’armes de la compagnie du connétable, par deux lettres du roi du 8 et 13 octobre 1378, pour le fait du siége de Chierbour », on lit à la suite de l’article M. Raoul de Montfort : « Pour M. de La Tour, banneret, un autre chevalier bachelier et onze escuiers, receus en croissance dudit Montfort, à Valoignes, le 18 nov. ; à lui, dccxiv liv.[27] »

[27] Dom Morice, Preuves, II, col. 391.

Il est probable qu’en 1379, Jeanne de Rougé, femme de Geoffroy, a été gravement malade, car, le 20 octobre de cette année[28], elle fit son testament, institua ses deux exécutrices testamentaires Jeanne de Maillé, sa mère, et dame Huette de Rougé, sa sœur, dame de Roaille, et choisit sa sépulture dans l’église Notre-Dame-de-Meleray, au diocèse de Nantes, auprès de la sépulture de son père[29].

[28] Du Paz, 167, qui appelle Jeanne de l’Isle la mère de Jeanne de Rougé.

[29] Mort deux ans après, en 1377 (Du Paz, p. 656). Un autre Messire Bonnabet de Rougé est indiqué par Bouchet (Annales d’Aquitaine, quarte partie, folio xiv) comme tué à la bataille de Poitiers le 19 novembre 1356, et enterré chez les frères mineurs de Poitiers. Les armes de Rougé sont de gueules, à une croix pattée d’argent ; elles se trouvent dans l’armorial de Jean de Bonnier, dit Berry, héraut d’armes de Charles vij. (Fonds Colbert, no 9653.5.5.)

En 1380, il résulte de la pièce suivante que Geoffroy prit part à la guerre de Bretagne : « Nous, Jean de Bueil, certifions à tous par nostre serment que les personnes ci-dessous nommez ont servy le roy nostre dit seigneur en ses guerres du pays de Bretagne, en nostre compaignie et soubs le gouvernement de M. le connétable de France, par tout le mois de février passé… M. Geuffroy, sire de La Tour, banneret… Donné à Paris, le 30 avril, aprez Pasques 1380[30]. » Trois ans après, nous trouvons aussi le nom de Geoffroy dans « la monstre de Monsieur l’evesque d’Angiers, banneret, d’un autre chevalier banneret, huyt autres chevaliers bacheliers et de trente et cinq escuiers de sa compagnie, reçeus ou val de Carsell le ije jour de septembre, l’an 1383. » Elle commence : « Ledit Monsr l’evesque, banneret. Mess. Geuffroy de La Tour, banneret, etc.[31] »

[30] Dom Morice, Preuves, t. I, col. 244.

[31] Collection Decamps ; Mss. B. I. Cette mention nous a été donnée par M. Jérôme Pichon, qui, dans une note de son excellent Ménagier de Paris, avoit annoncé l’intention de publier une édition des Enseignements ; c’est à lui aussi que nous devons l’indication d’Augustin Du Paz, à qui nous aurions pu ne pas songer.

En 1383, la femme de Geoffroy de La Tour Landry vivoit encore : car, dans cette année même, son mari acquit avec elle le droit que Huet de Coesme, écuyer, avoit au moulin de Brifont ou de Brefoul, assis à Saint-Denis de Candé[32] ; mais elle mourut avant lui, car il épousa en secondes noces Marguerite des Roches[33], dame de la Mothe de Pendu, qui avoit épousé en premières noces, le 28 mars 1370, Jean de Clerembaut, chevalier[34] ; comme on verra que les enfants des premiers mariages de Geoffroy et de Marguerite des Roches se marièrent entre eux, il n’est pas sans probabilité de penser que ce mariage tardif eut pour raison le désir de mêler complétement les biens des deux familles, et qu’il précéda les mariages de leurs enfants, ce qui le reporteroit avant l’année 1389.

[32] Généal. ms.