[33] Généal. ms.

[34] Anselme, VII, 583 D. — Clerembaut portoit burelé d’argent et de sable, de dix pièces. Généal. mss.

En prenant cette date comme la dernière où nous trouvions Geoffroy, — et il est probable que les mariages de ses enfants avec ceux de sa seconde femme, qui sont postérieurs, se firent de son vivant, — il seroit toujours certain qu’il a vécu sous les règnes de Philippe vi de Valois, de Jean ij, de Charles v et de Charles vi ; mais je ne puis dire en quelle année il est mort, car je ne crois pas qu’il faille lui rapporter la mention du « Geoffroy de La Tour, esc., avec dix-neuf autres », cité[35] parmi les capitaines ayant assisté au siége de Parthenay, qui fut fini au mois d’août 1419. Outre la qualité d’écuyer, tandis que depuis longtemps Geoffroy est toujours qualifié de chevalier banneret, les dates seroient à elles seules une assez forte raison d’en douter ; en effet, les années comprises entre 1416 et 1346, première année où il soit question de Geoffroy, forment un total de 73 ans, et, comme au siége d’Aiguillon, en 1346, on ne peut pas lui supposer moins de vingt ans, il faudroit admettre qu’il se battoit encore à 93 ans, ce qui est à peu près inadmissible. Il faut croire que c’est un de ses fils. On n’en indique partout qu’un seul ; mais il est certain qu’il en a eu au moins deux, puisque, dans son livre, nous le verrons mentionner plusieurs fois ses fils. Pour terminer ce qui le concerne, j’ajouterai que la généalogie manuscrite le qualifie de seigneur de Bourmont, de Bremont et de Clervaux en Bas-Poitou, et que Le Laboureur[36] le qualifie de baron de La Tour Landry, de seigneur de Bourmont, Clermont et Frigné, et de fondateur de Notre-Dame-de-Saint-Sauveur, près de Candé, ordre de Saint-Augustin. La Croix du Maine, I, 277, le qualifie de sieur de Notre-Dame de Beaulieu, ce qui est vrai, tirant sans doute ce titre du propre livre de notre auteur[37]. Nous ne doutons pas qu’il ne se trouve plus tard d’autres mentions relatives à Geoffroy. Dans d’autres histoires généalogiques, mais surtout dans des pièces conservées aux Archives de l’Empire et aussi dans celles d’Angers, il est impossible qu’il ne s’en trouve pas incidemment de nouvelles mentions ; mais il auroit fallu trop attendre pour avoir tout ce qui peut exister, et ce premier essai pourra même servir à faire retrouver le reste.

[35] Dom Morice, Preuves, II, col. 991.

[36] Il l’appelle Georges ; mais il ne s’agit pas d’un autre, puisqu’il lui donne Jeanne de Rougé pour femme et Charles pour fils.

[37] Cf. notre édition, [p. 79].

Nous pourrions arrêter ici ces détails généalogiques ; mais il est difficile de ne pas dire quelques mots de ceux-là mêmes pour lesquels Geoffroy avoit écrit, et, comme sa descendance mâle s’est éteinte au bout d’un siècle, de l’indiquer jusqu’au moment où le nom, encore existant, de La Tour Landry, a été transporté dans une autre famille par un mariage. Sur toute cette descendance, M. Pichon a trouvé dans des pièces manuscrites les plus curieux et les plus abondants détails, notamment toute la procédure de l’enlèvement d’une La Tour Landry ; il a tous les éléments d’une étude de mœurs historiques très intéressante et qu’il seroit malheureux de ne pas lui voir exécuter. Pour notre sujet, qui se rapporte plus particulièrement à Geoffroy et à son œuvre, quelques indications suffiront.

Charles de La Tour Landry se maria deux fois, d’abord à Jeanne de Soudé[38], ensuite, le 24 janvier 1389[39], à Jeanne Clerembault, fille de Marguerite des Roches, seconde femme de Geoffroy, cette fois avec la clause que, si Jeanne Clerembault demeuroit héritière de sa maison, Charles et ses hoirs, issus de ce mariage, porteroient écartelé de La Tour et de Clerembault, ce qui n’arriva pas, parceque Gilles Clerembault, frère de Jeanne, devenu beau-frère de Charles de La Tour, continua la postérité. La généalogie manuscrite fait mourir Charles de La Tour au mois d’octobre 1415, à la bataille d’Azincourt, et, en effet, nous trouvons « Le seigneur de La Tour » dans « les noms des princes, grans maîtres, seigneurs et chevaliers franchois qui moururent à la bataille d’Azincourt », donnés par Jean Lefebvre de Saint-Remy à la suite de son récit[40]. Nous avons déjà parlé[41] d’un Geoffroy de La Tour, figurant au siége de Parthenay en 1419, et probablement fils de l’auteur des Enseignements. Peut-être faut-il encore regarder comme un autre de ses fils un Hervé de La Tour, qui servoit comme gendarme en novembre 1415 dans la compagnie d’Olivier Duchâtel, en décembre de la même année dans celle de Jehan du Buch ; en juin 1416 dans celle de Jehan Papot[42]. Cependant nous trouvons à la fin de la traduction de Caxton, dont nous dirons plus tard la scrupuleuse exactitude, cette phrase : as hit is reherced in the booke of my two sonnes, absente de nos manuscrits, mais qui devoit se trouver dans celui suivi par Caxton, et établiroit qu’en 1371 notre auteur n’avoit que deux fils.

[38] Généal. ms. 2.

[39] Généal. ms. 2. La Gén. 1. ne parle pas du nom de sa première femme. — Anselme, VII, 583 D.