LOUISE. Ah! Et toi, l'oublieras-tu?
MARIE. Moi? Tu sais fort bien que j'ai pour lui un éloignement, un dégoût invincibles!
LOUISE. Avec quelle énergie tu dis cela aujourd'hui! Marie, il te fait la cour! Il me trompe, et, toi, tu ne m'as jamais dit la vérité!
MARIE. Il ne m'avait jamais fait cette injure.
LOUISE. Mais aujourd'hui, tout à l'heure, il t'a dit... Oui, tes joues sont enflammées de colère... ou d'orgueil!
MARIE. Louise!... tu sembles croire... Faut-il te dire que cet homme ne nous aime ni l'une ni l'autre, qu'il n'estime et ne respecte aucune femme,... que son hommage me fait l'effet d'une flétrissure?...
LOUISE. Tu mens!
MARIE. Et toi, tu m'affliges et tu m'offenses!
LOUISE. Ah! c'est que mon courage est à bout. Il y a trois mois que je me débats contre un soupçon qui me torture... Cruelle! tu ne vois donc pas que j'en meurs?
MARIE. Cruelle, moi? Qu'ai-je donc fait?... Mais tu es folle, je le vois; je te plains. Pauvre enfant, que faut-il faire pour te guérir?