CADIO, (effrayé et près de fuir.) Il est donc par ici?

LA KORIGANE. A deux pas; il donne un moment de repos à sa troupe. Ça ne sera pas long, on veut attaquer avant le jour la ville qui est là-bas, derrière la colline. Oh! on va se cogner, c'est notre dernier enjeu. Où vas-tu?

CADIO. Je vais plus loin. Je ne sais point cogner.

LA KORIGANE, le retenant. Tu ne veux pas m'emmener, et tu te sauves? Eh bien, tu resteras, ça me venge... et ça m'amuse. Tu resteras, je te dis!

CADIO. Mais non!

LA KORIGANE, (prenant un de ses pistolets.) Mais si! Ne bouge pas, ou je te brûle la cervelle! (Cadio se débat et s'échappe.)

SCÈNE III.--LA KORIGANE, SAINT-GUELTAS, sortant des buissons.

SAINT-GUELTAS. Eh bien, la farfadette, qu'est-ce qu'il y a donc?

LA KORIGANE. C'est rien, mon maître. Un des nôtres avec qui je plaisantais.

SAINT-GUELTAS. Quelque amoureux? Ah! les femmes, ça trouve toujours le temps de penser à ça!