SAINT-GUELTAS. Belle idée! vous n'aviez personne derrière vous. N'êtes-vous pas encore habituée aux paniques des traînards depuis un mois que ça dure? Et croyez-vous n'avoir personne en face?

ROXANE. Vous y êtes, marquis; je ne crains plus rien. Je m'attache à vous, je ne vous quitte pas!

SAINT-GUELTAS, (haussant les épaules.) Comptez là-dessus! Vous avez fait la sottise, vous la boirez. (Au paysan postillon.) Dételle tes chevaux, toi! flanque-moi cette voiture dans les genêts, débarrasse la voie et viens t'atteler à nos caissons. Plus vite que ça!

ROXANE. Eh bien, et nous? Va-t-on nous jeter dans les genêts aussi?

SAINT-GUELTAS. Restez à découvert, si bon vous semble. L'avant-garde va vous bousculer tout à l'heure.

ROXANE. Vous nous quittez?

SAINT-GUELTAS. Parfaitement. J'ai à conduire mes gens à l'assaut d'une ville, c'est un peu plus pressé que de bavarder avec vous! (Il s'en va par où il est venu.)

ROXANE. Mais qu'a donc le marquis? Lui autrefois si galant, si aimable, je ne le reconnais plus depuis quelques jours.

LA TESSONNIÈRE. C'est que ça va mal, ma chère amie, ça va très-mal!

ROXANE. Bast! encore une affaire, et ce sera la fin.