LOUISE. A la guerre! Réjouissez-vous, nous servons le roi! nous nous sommes déclarés, nous partons!

ROXANE. Ah! vive-Dieu! embrassez-moi, mon frère! Oui, oui! la guerre, le mouvement, la poudre, le danger, le triomphe! Vous serez généralissime en Vendée, et maréchal de France quand le roi sera proclamé.

LE COMTE. Tâchez de garder vos illusions, ma soeur, et de ne pas perdre la tête au premier revers!

ROXANE. Bah! le courage n'est pas nécessaire quand tant de braves gens en ont à notre place! La France entière va se lever. Toute l'Europe est avec nous. Dans un mois, dans six semaines peut-être, le jeune roi sera aux Tuileries,--et nous aussi.--Quand partons-nous?

LE COMTE. Sachons d'abord où vous irez. En Bretagne, on est redevenu tranquille...

LA TESSONNIÈRE. Ah! on est tranquille par là?

ROXANE. Mais je ne veux pas être tranquille, moi! Je veux me battre, je serai Jeanne d'Arc, et Saint-Gueltas sera mon Dunois, mon aide de camp.

LE COMTE. Prenez garde que Saint-Gueltas ne devienne trop votre général, ma soeur, et songez à gagner Guérande, où nous avons des parents.

ROXANE, (Mézières rentre.) Guérande? Soit! C'est une bonne ville, une place de guerre imprenable, où tout le monde pense bien. On se voit beaucoup; Louise, il faudra emporter de la toilette.

LE COMTE. N'emportez rien. Vos femmes vous rejoindront avec vos effets. Vous partez sans bruit dans cinq minutes.