—Mais si vous êtes bon musicien, vous apprendriez facilement, n'est-ce pas?
—Oh! certainement, s'il le fallait!
—Mais vous ne vous en souciez pas?
—Non, j'aime mieux chanter.
—Et vous avez raison; cependant vous serez forcé d'en venir là, ou de changer de profession, du moins pendant un certain temps.
—Pourquoi cela, Monsieur?
—Parce que votre voix va bientôt muer, si elle n'a commencé déjà. Quel âge avez-vous? quatorze ans, quinze ans, tout au plus?
—Quelque chose comme cela.
—Eh bien, avant qu'il soit un an, vous chanterez comme une petite grenouille, et il n'est pas sûr que vous redeveniez un rossignol. C'est une épreuve douteuse pour un garçon que de passer de l'enfance à la jeunesse. Quelquefois on perd la voix en prenant de la barbe. A votre place, j'apprendrais à jouer du fifre; avec cela on trouve toujours à gagner sa vie.
—Je verrai, quand j'en serai là.