«Je t'aime beaucoup, ma soeur, beaucoup, beaucoup! Veux-tu que je t'apprenne une autre chanson?
—Oui, celle du comte Albert, en allemand d'abord; tu me l'apprendras après en bohémien.
—Comment commence-t-elle?» dit Zdenko en la regardant avec malice.
Consuelo commença l'air de la chanson de la veille:
«Il y a là-bas, là-bas, une âme en travail et en peine….»
«Oh! celle-là est d'hier; je ne la sais plus aujourd'hui, dit Zdenko en l'interrompant.
—Eh bien! dis-moi celle d'aujourd'hui.
—Les premiers mots? Il faut me dire les premiers mots.
—Les premiers mots! les voici, tiens: Le comte Albert est là-bas, là-bas dans la grotte de Schreckenstein….»
A peine eut-elle prononcé ces paroles que Zdenko changea tout à coup de visage et d'attitude; ses yeux brillèrent d'indignation. Il fit trois pas en arrière, éleva ses mains au-dessus de sa tête, comme pour maudire Consuelo, et se mit à lui parler bohémien dans toute l'énergie de la colère et de la menace.